Voilà que j'observe cette ville sous un autre angle, qui filtre la lumière des néons spectral tel un prisme. Prestige ou insolence, qui se plie et je bride aux bribes de ma semence. Je sens l'aiguille qui rencontre ma peine et jubile. Ma joie rencontre ma peine et subtilement s'insinue dans mes sinus une substance qui modifie ma respiration. L'hélium liquide nourrit chaque branche de mes poumons et me permet d'ouvrir la bouche dans cette mégapole de goudron, qui me sert de chambre a gaz géante surplombée par un désert, où les germes épaississent l'atmosphère. Je dois par tous les moyens m'échapper de cette ville amnésique.
Choisir la vie, choisir un boulot, choisir une carrière, choisir une famille, choisir une putin de télé à la con, choisir des machines à laver, des bagnoles, des platines lasers, des ouvres boites électroniques, choisir la santé, un faible taux de cholestérol et une bonne mutuelle, choisir les prêts à taux fixes, choisir son petit pavillon, choisir ses amis, choisir son survêt et le sac qui va avec, choisir son canapé avec les deux fauteuils le tout à crédit avec un choix de tissus de merde, choisir de bricoler le dimanche matin en s'interrogeant sur le sens de sa vie, choisir de s'affaler sur ce putin de canapé et se le bottomiser de jeux télé en se bourrant de Mcdo, choisir de pourrir à l'hospice et de finir en se pissant dessus dans la misère en réalisant qu'on fait honte aux enfants niqués de la tête qu'on a pondu pour qu'ils prennent le relais, choisir son avenir, choisir la vie.
Pourquoi je ferais une chose pareille ? J'ai choisi de pas choisir la vie. J'ai choisi autre chose. Des raisons ? Y'a pas de raisons.